Chroniques,  Science-fiction

Chronique : La faucheuse | Neal Shusterman

Les commandements du Faucheur :
Tu tueras.
Tu tueras sans aucun parti pris, sans sectarisme et sans préméditation.
Tu accorderas une année d’immunité à la famille de ceux qui ont accepté ta venue.
Tu tueras la famille de ceux qui t’ont résisté.

Encore un livre acheté à cause de Booksta, autant dire que mon porte monnaie se portait beaucoup mieux avant que je ne rejoigne la communauté… La faucheuse est une saga assez populaire sur les réseaux, encore plus depuis la sortie récente du seconde tome. Comme d’habitude, à force d’en entendre beaucoup de positif, j’ai voulu me lancer dedans, d’autant plus que je trouvais le résumé et le contexte de l’histoire assez original.

« 2042 fut l’année où nous avons vaincu la mort, et aussi celle où nous avons cessé de compter. »

La faucheuse c’est avant tout un univers assez inédit, une histoire qui se démarque des livres que l’on a l’habitude de voir. Ici, le monde dans lequel nous vivons a disparu et le temps s’est altéré. La mort n’existe plus, les êtres humains sont devenus immortels et au moindre accident, ils sont réanimés en centre de résurrection et prêts à reprendre leur vie là où ils l’avaient laissé (un peu à la manière de ces personnages de jeux vidéo, morts une seconde avant, et vivants comme si rien ne s’était passé la seconde d’après).

« Ils sont tous innocents. Même les coupables. Tout le monde est coupable de quelque chose, et tout le monde recèle une part d’innocence qui remonte à l’enfance, quoique ensevelie sous des couches et des couches de vies »

Mais, dans ce contexte où la mort n’existe plus, a émergé des faucheuses : des humains responsables de la vie et de la mort de chacun. Pour éviter la surpopulation mondiale, elles vont avoir pour mission de choisir des individus qu’elles vont « glaner » (un joli terme utilisé à la place du mot « tuer », mais au final, le résultat reste le même). Ainsi, en se basant sur des quotas de personnes devant disparaître, elles vont s’occuper de réguler la population humaine. Seulement voilà, si certains faucheurs sont dotés d’une morale, avoir un si grand pouvoir entraîne beaucoup de dérive : massacre de masse, cruauté, chantage et corruption, pour n’en citer que quelques uns.

« Les tueurs sont en train de prendre le pouvoir, poursuivit Dame Curie. Et s’ils parviennent à leurs fins, nous allons vivre des jours très sombres. »

On va alors faire la connaissance de deux personnages : Citra et Rowan, deux personnages différents mais au final assez complémentaires. Alors que tout le monde se soumet aux faucheuses de peur d’être glané, Citra refuse de les vénérer et n’a pas peur de leur tenir tête. Quant à Rowan, il fait preuve d’énormément de sympathie et n’hésite pas à aider des personnes qu’il ne connaît pas. Au final, l’impétuosité de Citra et l’empathie de Rowan vont attirer l’œil de Maître Faraday, un faucheur qui va décider de les prendre sous son aile afin de les former pour qu’eux aussi deviennent faucheurs un jour. Ce sont deux personnages que j’ai énormément apprécié et auxquels on arrive facilement à s’identifier.

« Dès l’instant où ces noms eurent un visage, ils devinrent des personnes à part entière et non plus de simples paramètres de recherche. »

Malgré le contexte assez morbide de l’œuvre, j’ai été étonné de voir autant d’empathie dans ce livre. On voit que glaner n’est pas anodin et que beaucoup de faucheurs ayant conservé leur sens moral sont détruits par leur profession. Chacun gère sa douleur à sa manière mais cette souffrance offre un contraste assez important avec les faucheurs fan des massacres de masses.

« Je suis passée dans la légende. Et pourtant, il n’y a pas un jour qui s’écoule sans que je regrette qu’il en soit ainsi. »

L’univers est très riche et on ressent vraiment que l’auteur a mis du temps pour construire ce monde. J’ai été happé par ma lecture dès les premières pages et j’avais tout le temps envie d’en savoir davantage sur l’univers et sur les personnages. D’ailleurs les choses vont très vite se compliquer pour Citra et Rowan puisque, à la manière des Hunger Games, il ne pourra en rester qu’un. Cet enjeu va alors les pousser dans leurs retranchements, à donner le meilleur d’eux-mêmes et j’ai adoré être témoin de leur évolution. Si on prend les personnages du début et qu’on les compare avec ce qu’ils sont devenus à présent, le résultat est vraiment saisissant.

« Heureusement pour Rowan, son cœur s’était tellement endurci qu’il ne pouvait plus en souffrir. »

Si je devais reprocher une chose à ce livre c’est que j’ai eu l’impression à certains moments que les intrigues se résolvaient trop vite ou trop facilement et j’ai trouvé la fin assez prévisible. Malgré ça, c’est une lecture que j’ai énormément appréciée et il me tarde vraiment de me procurer la suite.

EDITION FRANÇAISE  EDITION VO (CELLE EN PHOTO)
 Auteur : Neal Shusterman
Titre : La faucheuse
Edition : Robert Laffont
Nombre de pages : 493 pages
Prix : 18.90€
 Auteur : Neal Shusterman
Titre : Scythe
Edition : Walker Books
Nombre de pages : 443 pages
Prix : 9.20€

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