Chroniques,  Science-fiction

Chronique : Red Rising – Pierce Brown

« J’aurais pu vivre en paix. Mes ennemis m’ont jeté dans la guerre. »

Darrow n’est pas un héros. Tout ce qu’il souhaite, c’est vivre heureux avec l’amour de sa vie. Mais les Ors, les dirigeants de la Société, en ont décidé autrement. Ils lui ont tout enlevé : sa raison de vivre, ses certitudes, jusqu’à son reflet dans le miroir. Darrow n’a plus d’autre choix que de devenir comme ceux qui l’écrasent. Pour mieux les détruire. Il va être accepté au légendaire Institut, y être formé avec l’élite des Ors, dans un terrain d’entraînement grandeur nature. Sauf que même ce paradis est un champ de bataille. Un champ de bataille où règnent deux règles : tuer ou être tué, dominer ou être dominé.

Il faut savoir que je connais cette saga depuis quasiment mes débuts sur bookstagram et elle figure dans ma wishlist depuis tout aussi longtemps. C’est une trilogie très populaire chez les anglophones mais qu’on retrouve beaucoup moins présente sur la blogosphère française, ce qui peut peut-être expliquer pourquoi j’ai mis tant de temps à me procurer ce premier tome. Alors que je me promenais en librairie, Red Rising était offert pour l’achat de deux autres livres et à ce moment, je me suis dit que c’était un signe et qu’il était enfin temps de me le procurer.

« Je suis un Rouge. Je fais partie de ceux qu’il juge faibles. De ceux qu’il juge stupides, soumis, inférieurs. »

Une fois rentrée chez moi, on pourrait penser que je me suis directement jetée dessus sauf que non, je me suis jetée sur un autre livre tandis que celui-ci rejoignait ces livres encore jamais lu de ma bibliothèque. A partir de là, il a encore fallu attendre plusieurs mois avant que je ne me décide enfin à l’ouvrir. Je ne saurais pas expliquer pourquoi j’ai mis autant de temps à me lancer dedans d’autant plus qu’une fois lancée dedans, je n’ai pas réussi à décrocher tant l’histoire était captivante.

« En tant que Rouge, je ne possède que moi-même, et à la rigueur ma famille. Tout le reste, le matériel, la nourriture, les vêtements, tout ça appartient à la Société »

L’histoire est, dès le départ, très prenante. On se retrouve dans un monde divisée en classe où la position de chacun est déterminée en fonction de son groupe d’appartenance et Darrow, le personnage principal fait partie de la classe des Rouges, les miniers, aussi connu comme étant la plus faible classe. Si le principe des castes a été vu et revu dans le monde de la dystopie, j’ai trouvé que Pierce Brown réussissait à se démarquer avec son histoire.

L’acier a du pouvoir. L’argent a du pouvoir. Mais, bien plus que tout le reste, les mots ont du pouvoir.

Contrairement aux autres dystopies, ici la différence des classes n’est pas seulement due au pouvoir. Les Ors sont les dirigeants, les membres les plus puissants chargé de l’organisation et des lois de la Société mais surtout, il y a de vrais différences physiques entre les individus. Ainsi, plus on appartient à une classe puissance, plus on est beau, intelligent et surtout plus les capacités physiques sont multipliées.

« Je veux être un père, un mari, un danseur ; je veux creuser la terre, chanter les chansons de mon peuple, sauter, tourner, courir dans les galeries de Lykos. »

Quand on rencontre Darrow, il est aux antipodes de l’image du guerrier qui mène à la résistance tel Katniss Everdeen. En effet, Darrow est un personnage assez pacifique : ses conditions de vie sont dures, l’oppression est présente mais Darrow y est habitué et veut seulement vivre sa vie tranquillement avec sa femme. J’ai trouvé ce personnage très attachant et sa douceur apportait un contraste étonnant avec le monde qui l’entoure.

« Nous aimons danser, chanter et aimer, et nous faisons nos propres choix. Ce désir de vivre, c’est le seul cri de révolte que nous nous permettons ; c’est notre unique geste de révolte face à la Société. »

Cependant, Darrow va très rapidement quitter son filet de sécurité et chercher sa revanche. Le résumé le dit lui-même : Darrow va tout faire pour devenir un Or, allant même jusqu’à subir un entraînement strict accompagné d’importantes transformations physiques. J’ai énormément aimé cette partie de l’histoire puisqu’on voit alors Darrow s’endurcir, devenir plus fort, mais cela permet également de voir l’importance des différences qui réside entre le haut et le bas de l’échelle.

« La mort a un sens, Darrow. Par contre, vivre comme nous le faisons, prisonniers, paralysés par la peur, ça n’a pas de sens. Nous devons nous libérer. »

J’ai trouvé ce livre très dynamique : l’action est présente très rapidement et continue tout au long des pages. Une fois la transformation de Darrow terminée, il va intégrer l’école des Ors et être confronté à de nombreuses épreuves qui m’ont beaucoup rappelé Divergent et Hunger Games. Il y a donc énormément d’actions mais aussi énormément de retournements de situations que je n’avais pas du tout vu venir. La violence est présente dans l’histoire et le langage est souvent assez cru, ce qui peut ne pas convenir aux lecteurs trop sensible.

« Personne ne comprend le jeu, parce que personne n’en connaît les règles. Chacun construit les siennes. Comme dans la vraie vie. Certains pensent que l’honneur est universel, d’autres estiment que les lois sont des entraves. »

J’ai beaucoup aimé la richesse de l’univers crée par l’auteur. C’est un monde très complet et il y a d’ailleurs un schéma au début du livre permettant de montrer toutes les classes et leur rôle dans la société afin d’aider le lecteur dans sa compréhension. Pourtant, l’univers était tellement bien expliqué que je n’ai, à aucun moment, ressenti le besoin de revenir voir cette pyramide. Autre chose qui m’a surprise c’est que la mythologie romaine est très présente dans l’histoire et j’ai énormément aime toute ces références aux différents dieux romains.

J’ai été forgé dans les entrailles de ce monde cruel. Trempé dans la haine. Affûté par l’amour.

Finalement, ce premier tome a été un coup de coeur. C’est un livre très surprenant, original et dynamique. Il y a aussi une part de romance mais celle-ci n’arrive que très tardivement dans le livre et n’apparait qu’en arrière-plan. C’est donc un premier tome très prometteur et je regrette de ne pas avoir le tome 2 sous la main.

Auteur : Pierce Brown
Titre : Red Rising
Edition : Le livre de poche
Nombre de pages : 608 pages
Prix : 7,95€

5 Comments

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

%d blogueurs aiment cette page :