Chroniques,  Classique

La Peste – Albert Camus

« Naturellement, vous savez ce que c’est, Rieux?
– J’attends le résultat des analyses.
– Moi, je le sais. Et je n’ai pas besoin d’analyses. J’ai fait une partie de ma carrière en Chine, et j’ai vu quelques cas à Paris, il y a une vingtaine d’années. Seulement, on n’a pas osé leur donner un nom, sur le moment… Et puis, comme disait un confrère : « C’est impossible, tout le monde sait qu’elle a disparu de l’Occident. » Oui, tout le monde le savait, sauf les morts. Allons, Rieux, vous savez aussi bien que moi ce que c’est…
– Oui, Castel, dit-il, c’est à peine croyable. Mais il semble bien que ce soit la peste.

Aujourd’hui pas de fantasy, pas de romance, mais un bon classique ! Si vous êtes un habitué, vous savez que je ne lis jamais ce genre de livre. D’ailleurs, le seul que j’ai lu, en dehors des lectures imposées dans le cadre scolaire, était Orgueil et Préjugés de Jane Austen qui ne m’avait pas emballé plus que ça. Récemment, j’ai eu envie d’enrichir ma culturelle personnelle et le meilleur moyen pour ça était de me remettre aux classiques.

« On apprend au milieu des fléaux, qu’il y a dans les hommes plus de choses à admirer que de choses à mépriser.»

Concernant Camus, cela fait un petit moment que je m’étais promise de lire un de ses livres et pour cause, lors du bac de Français, je suis tombée sur l’Etranger, qui m’a alors valu une excellente note. Par conséquent, il était temps de tenir cette promesse même si je suis en retard de 5 ans.  L’une de mes principales craintes était de m’ennuyer en le lisant. J’avais peur de ne pas réussir à rentrer dedans où de trouver des longueurs à l’intérieur et ce ne fut pas du tout le cas.

Du côté des personnages 

« Il faut bien le dire, la peste avait enlevé à tous le pouvoir de l’amour et même de l’amitié. Car l’amour demande un peu d’avenir, et il n’y avait plus pour nous que des instants.»

Le point que j’ai le plus aimé dans ce livre est la représentation des différents émotions humaines. En effet, on a une représentation d’émotions qui évoluent en parallèle de l’histoire. Au départ, les Hommes ne s’inquiètent pas vraiment, mais ils sont intrigués par l’épidémie qui touche tous les rats de la ville. Puis vient l’inquiétude quand celle-ci fait tomber ses premières victimes humaines avec l’envie de fuir. L’humanité bascule ensuite dans une phase plus sombre, où tout espoir est perdu et où chaque individu devient indifférent face à la mort des autres. Et puis finalement, l’espoir et la volonté de survivre.

« Vous n’avez pas de cœur », lui avait-on dit un jour. Mais si, il en avait un. Il lui servait à supporter les vingt heures par jour où il voyait mourir des hommes qui étaient faits pour vivre.»

Si les émotions sont largement représentées, cela va également être le cas des différentes personnalités que composent l’humanité. Dans ce livre, c’est toute la complexité de l’être humain qui ressort. Ainsi, Rieux est un homme qui fait preuve d’une grande humanité et de beaucoup de bienveillance, nécessaire lorsque les temps sont durs. À l’inverse, le personnage de Cottard est beaucoup plus sombre et semble profiter de la situation et de la souffrance des habitants. Quant aux autres personnages, la plupart ne se sentent pas concernés par les malades puis, petit à petit, vont se rendre compte de l’importante de la maladie et vont gagner en compassion.

Concernant l’ambiance 

« Il y a eu dans le monde autant de pestes que de guerres. Et pourtant, pestes et guerres trouvent les gens toujours aussi dépourvus.»

En lisant ce livre, l’atmosphère m’a fait penser au mur de Berlin pour le côté ville séparée du reste du monde, mais également aux camps de concentration. On a des personnes qui sont tout à coup éloignées de leurs proches, qui vivent au coeur de la maladie et des mourants, mais surtout, des personnages qui n’ont plus d’espoir. En faisant des recherches par la suite, j’ai compris que mon sentiment n’était pas si éloigné que ça puisque ce livre était en réalité une allégorie de la montée du nazisme qualifié autrefois de « peste brune ».

Concernant la fluidité du livre

« Rien au monde ne vaut qu’on se détourne de ce qu’on aime. »

En tant que classique, on peut penser que la lecture va être compliqué et nécessiter un grand effort intellectuel. En réalité, ce n’est pas le cas puisque ce livre se lit tout aussi bien qu’un autre. La plume de Camus est vraiment accessible, fluide et les pages se tournent toutes seules sans que l’on s’en rende compte. Le seul point qui m’a un peu dérangé dans ma lecture ne vient pas de l’auteur. En réalité, cela venait plutôt de l’édition qui proposait un texte en bloc, avec des petits caractères et un interligne très faible.

En conclusion 

« Le mal qui est dans le monde vient presque toujours de l’ignorance, et la bonne volonté peut faire autant de dégâts que la méchanceté si elle n’est pas éclairée.»

Au final, non seulement, j’ai passé un très très bon moment de lecture puisque j’ai adoré ce livre, mais en plus, celui-ci a été une grande surprise et, je pense, le livre qui va me réconcilier avec les classiques. D’ailleurs, je peux d’ores et déjà vous dire que ce ne sera pas le seul Camus que je compte lire.

Auteur : Albert Camus
Titre : La Peste
Edition : Folio
Nombre de pages : 279 pages
Prix : 7.50€

etoile5

6 Comments

  • elodie

    Ton avis m’a vraiment donné envie de découvrir ce roman ! Comme toi, j’ai un peu de mal avec les classiques, j’ai peur de m’ennuyer et de ne pas les apprécier à leur juste valeur. Peut-être que je me laisserai tenter 😉

    • Homesweetread

      Pour le coup, c’est ce qui m’arrive par exemple avec les Jane Austen. Tout le monde les adore mais moi j’ai vraiment du mal à rentrer dedans et j’ai souvent l’impression que je me force à lire. En plus ce sont des livres assez gros du coup, c’est assez compliqué. Par contre, comme Camus est un auteur contemporain, le style est beaucoup plus fluide et j’ai trouvé l’histoire vraiment intéressante. ☺️

    • Homesweetread

      Je n’ai jamais entendu parler de la Chute, j’irais regarder ! Et sinon, bien sûr que l’Etranger figure dans ma liste de livres à lire. Par contre, comme je connais la fin, j’ai peur que le livre perde un peu en intérêt

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