Chroniques,  Historique

La Voleuse de livres – Markus Zusak

Leur heure venue, bien peu sont ceux qui peuvent échapper à la Mort. Et, parmi eux, plus rares encore, ceux qui réussissent à éveiller Sa curiosité. Liesel Meminger y est parvenue. Trois fois cette fillette a croisé la Mort et trois fois la Mort s’est arrêtée. Est-ce son destin d’orpheline dans l’Allemagne nazie qui lui a valu cet intérêt inhabituel ou bien sa force extraordinaire face aux événements ? À moins que ce ne soit son secret… Celui qui l’a aidée à survivre. Celui qui a même inspiré à la Mort ce si joli surnom : la Voleuse de livres…

La voleuse de livre est un livre que je m’étais promise de lire depuis plusieurs années. Tout d’abord, j’ai toujours eu une grande sensibilité concernant les histoires sur la période 39-45. Mais surtout, j’ai pu découvrir le film il y a plusieurs années et depuis, il s’agit de l’un de mes films préférés. Par conséquent, je m’étais toujours promise de lire le livre surtout que je savais que ce serait une bonne lecture. Néanmoins, je ne pensais pas ressortir aussi chamboulée. 

« Comme beaucoup de malheurs, cela commença avec l’apparence du bonheur. »

Pour faire simple, il s’agit probablement de l’un des plus beaux livres que j’ai eu la chance de lire. L’écriture est tout simplement incroyable. La manière dont les phrases sont construites, les mots utilisés, les émotions transmises. Markus Zusak a une plume unique. Une plume que je n’ai jamais retrouvé dans aucun autre livre. Ajoutons également à cela une mise en page absolument incroyable à laquelle je ne m’attendais absolument pas, surtout venant d’un livre de poche. Il y a des illustrations et des notes qui viennent complémenter l’histoire à merveille. 

« J’aurais voulu lui demander comment la même chose pouvait être à la fois si laide et si magnifique, et ses mots et ses histoires si accablants et si étincelants »

Ce livre possède une narration vraiment originale. L’histoire est racontée par la Mort en personne, ce qui ajoute un dimension assez particulière à l’histoire. De plus, même si le récit se déroule chronologiquement, il y a à de nombreux moments, des éléments du futurs qui sont révélés. Non seulement je trouvais que ça ajoutait un certain dynamisme à l’histoire, mais cela créait en même temps un contexte assez particuliers. On sait à l’avance certains éléments. On ne sait peut-être pas quand ou comment ils auront lieu, mais on sait qu’ils vont arriver. Et pourtant, je me suis surprise à espérer. Espérer que la Mort ne se trompe. Espérer que la fin change entre temps. Espérer que les personnages connaissent un happy ending.

« Force est de constater que les agonisants posent toujours des questions dont ils connaissent les réponses. Peut-être est-ce pour mourir en ayant raison. »

Mais c’est une histoire de guerre, une histoire de blessures et de souffrances. Dans ce livre, on voit la guerre, la dictature au travers des yeux d’une enfant. Liesel est une petite fille incroyablement attachante, loyale et intelligente. On assiste à ses pensées, ses incompréhensions mais également à ses peurs et ses cauchemars. Concernant les personnages, il n’y en a pas un seul que j’ai détesté. Ils sont tous attachants à leur manière, que ce soit le garçon aux cheveux de plumes ou le garçon aux cheveux citron. 

« Je m’étonnerai toujours de ce que les humains sont capables, même quand les larmes les aveuglent et qu’en titubant et en toussant, ils continuent à avancer, à chercher et à trouver. »

Les livres et les mots occupent une place centrale dans l’histoire. La connexion entre la protagoniste et la littérature est une chose magnifique à lire. Cette histoire met en avant l’importance des mots dans une vie. La manière dont ceux-ci peuvent exprimer des émotions, créer des relations, permettre de s’évader de la réalité, voire même sauver une vie. 

« J’ai aimé les mots et je les ai détestés,
Et j’espère en avoir fait bon usage. »

Ce livre met en avant énormément d’éléments marquants de cette période. Forcément, on parle de la guerre, de batailles importantes comme celle de Stalingrad, mais également du nazisme et du sort infligés aux juifs. Peu importe le nombre de livres, fictifs ou non, peu importe le nombre de documents ou de films, je n’arrive jamais à concevoir comment l’être humain est capable d’une telle chose. On se rend compte également à quel point Hitler était présent dans la vie des habitants, même s’ils n’étaient pas partisans à son idéologie. On voit la manière dont les enfants sont endoctrinés dès leur plus jeune âge via les jeunesses hitlérienne, les jugements à l’égard de ceux qui n’adhère pas au parti, les portraits d’Hitler omniprésent. 

« L’obscurité, la lumière. Quelle différence ? Dans l’une et dans l’autre, les cauchemars s’étaient renforcés au fur et à mesure que la voleuse de livres comprenait comment les choses se passaient et comment elles se passeraient toujours. »

Pour moi, c’est un livre que l’on doit lire au moins une fois dans sa vie. Malgré la dureté de l’histoire, la plume de l’auteur vient ajouter une certaine douceur et légèreté. Dans cette noirceur, on assiste quand même à des moments de bonheurs, preuve que la vie continue malgré tout. C’est un livre qui m’a profondément émue, touché et vraiment marqué. Comme je le répète assez souvent, il y a des livres où, une fois terminé, une partie de nous est restée à l’intérieur des pages. Pour moi, cette histoire en fait partie. 

Auteur : Mark Zusac
Titre : La Voleuse de Livres
Edition : Pocket
Nombre de pages : 633 pages
Prix : 8,40€

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