Chroniques,  Contemporain

Il est juste que les forts soient frappés – Thibault Bérard

Lorsque Sarah rencontre Théo, c’est un choc amoureux. Elle, l’écorchée vive, la punkette qui ne s’autorisait ni le romantisme ni la légèreté, se plaisant à prédire que la Faucheuse la rappellerait avant ses 40 ans, va se laisser convaincre de son droit au bonheur par ce fou de Capra et de Fellini. Dans le tintamarre joyeux de leur jeunesse, de leurs amis et de leurs passions naît Simon. Puis, Sarah tombe enceinte d’une petite fille. Mais très vite, comme si leur bonheur avait provoqué la colère de l univers, à l’euphorie de cette grossesse se substituent la peur et l’incertitude tandis que les médecins détectent à Sarah un cancer qui progresse à une vitesse alarmante. Chaque minute compte pour la sauver. Le couple se lance alors à corps perdu dans un long combat, refusant de sombrer dans le désespoir. Un récit d’une légèreté et d’une grâce bouleversantes, entre rire et larmes, dont on ressort empreint de gratitude devant la puissance redoutable du bonheur.

Vous voyez ces livres qui vous touchent au plus profond de votre âme ? Ceux qui, l’espace d’un instant, vous bouleverse au plus haut point ? Ceux qui vous marquent à jamais ? C’est exactement ce qu’est devenu Il est juste que les forts soient frappés. Mais avant de vous en parler, rendons à César, ce qui est à César : Je remercie infiniment ma copine Chloé (Thebookofclocs sur IG) sans qui je n’aurais sans doute jamais lu ce livre. D’ailleurs n’hésitez pas à aller voir sa vidéo sur YouTube concernant ce livre !

« Accordez-moi ce temps, que je n’ai plus devant moi, pour revivre des heures qui ont été celles du de début, de l’envol, du jaillissement, de la naissance, de l’attente, de l’espoir, de l’imprévu, de l’inconnu ; de l’inédit » 

À la lecture du résumé, on sait que cette histoire ne va pas être toute joyeuse mais pourtant, je ne m’attendais pas à être autant bouleversée. La plume de Thibault Bérard est sublime et confère énormément d’émotions. Concernant la narration, celle-ci est assez particulière et pour cause, on connaît la fin de l’histoire de Sarah dès les premières pages. D’ailleurs, ce schéma narratif m’a beaucoup rappelé celui de La Voleuse de Livres de Markus Zusak, qui est mon livre préféré. On pourrait penser que le fait de connaître la fin enlève du plaisir au livre et pourtant, ce n’est pas du tout le cas ! Au contraire, malgré cette épée de Damoclès constante sur les personnages (et sur le lecteur), on se surprend à espérer tout le long. 

« Voyez ça comme ce que c’est, une histoire. Ce n’est pas parce qu’elle est vraie et dure par moments, ni même parce qu’elle finirait mal, que ce n’en est pas une ; toutes les vies sont des aventures extraordinaires, pour qui peut les voir dépliées devant soi. » 

Du côté des personnages, ils m’ont tous énormément touché ! Sarah est une jeune femme incroyablement forte et courageuse. Ce qui m’a particulièrement marqué, c’est cette forme d’insolence qu’elle emploie en permanence lorsqu’elle parle de son état, de sa maladie. C’est une vraie carapace mais Sarah nous laisse également percevoir ses moments de faiblesse et c’est particulièrement touchant. Puis viens le personnage de Théo. Je l’ai trouvé très attachant de par son innocence et la légèreté qu’il apportait à l’histoire. Une légèreté qui était particulièrement nécessaire pour contrebalancer avec la gravité de la situation.

« On va renverser ça, et tu sais comment ? (…) On va vivre cette épreuve comme ce que c’est : une aventure extraordinaire. » 

L’histoire couvre une période de temps vraiment large. On découvre le passé de Sarah, avant sa rencontre avec Théo, puis on explore leur histoire et les différentes étapes qu’ils vivent. Le rythme est assez rapide mais pourtant ça ne m’a pas du tout dérangé puisque pas mal de moments de vie étaient mis en avant et creusés en profondeur. J’ai dévoré les pages et je n’arrivais pas à m’arrêter. D’ailleurs, c’est une sensation assez particulière puisque d’un côté, on ne veut pas quitter les personnages et de l’autre, on n’a pas envie d’arriver à la fin. 

« Théo a eu ce qu’il voulait : son couloir. Là où il peut puiser dans sa force noire pour se répéter que tant que je ne suis pas morte, je peux vivre ; que tant que je ne suis pas morte, je peux vivre ; et donc, je vais vivre. » 

Vous l’aurez donc compris, ce livre a été un énorme énorme coup de coeur ! D’ailleurs, je l’ai senti dès les premières pages et mon intuition s’est révélée être la bonne. J’ai été émue, j’ai ris, j’ai eu peur, j’ai été soulagé et j’ai été bouleversé. Et finalement, c’est un livre qui donne envie de vivre et de profiter de chaque jour que la vie nous offre. Je ne sais pas encore s’il est vraiment juste que les forts soient frappés, mais en tout cas c’est une phrase qui m’a marqué et qui fait beaucoup réfléchir.

Auteur : Thibault Bérard
Titre : Il est juste que les forts soient frappés
Edition : J’ai lu
Nombre de pages : 347 pages
Prix : 7,60€

5/5 

Laisser un commentaire

%d blogueurs aiment cette page :